Notre visite aux serres et dans les jardin de la ville de Montpellier en avril 2010
Dans le grand hall de la serre principale, abrités du mauvais temps, nous avons été accueillis par Mr Laurent Guillaume (chef des services des espaces verts) , Mr Denis Gauffier responsable des cultures en serre et Mr Guillaume Bihan pour le parc du Mas Nouguier.
Le service des parcs et des jardins de Montpellier emploie 192 personnes qui prennent en charge 600 hectares de parcs et de jardins, 20 000 arbres d’alignements, 100 espaces de jeux
L’approche des « espaces verts »-expression fortement datée des années 70- se modifie depuis une dizaine d’année :
En 1990 apparition d’une « gestion différenciée » des E.V. entre eux et au sein même des parcs publics : pelouses transformées en prairie naturelles ou fleuries et régulièrement labourées, limitation des désherbages chimiques, choix d’espèces plus méditerranéennes, … Le budget de l’arrosage (encore sur le réseau ……….d’eau potable !) passe ainsi de 1, 2 millions d’euros à 700 000 euros. La notion de jardin en mouvement, introduite par Gilles Clément et magistralement illustré dans le parc Citroën à Javel ( Paris) fait son entrée en force à Montpellier. C’est un soulagement tant pour la nature que pour les jardiniers et un bonheur nouveau pour les habitants qui partent faire des bouquets de bleuets le long des voies rapides !
En 2008 on parle de « management environnental » : les sujets de réflexion et les équipes de travail planchent désormais sur « la biodiversité », « les pollutions », « l’eau » « la communication », « les jardins partagés »…c’est une approche plus globale et écologique qui est faite des anciens espaces verts. Ainsi des couloirs écologiques sont envisagés pour permettre à la faune de passer d’un parc à un autre, des inventaires de la faune et de la flore sont faits systématiquement dans chaque parcs, un schéma directeur des réseaux verts est mis au point, les friches sont généralisées jusqu’au pied des arbres et le CNRS apporte son aide aux services dans plusieurs démarches . La 1 ére fête de la biodiversité est organisée cette année, des plaquettes d’information, des visites sont proposées toute l’année des différents parcs au grand public, des ateliers de jardin écoles en relation avec les jardins partagés et les jardins familiaux ( location de parcelles équipée en jardin par la mairie) et l’accueil de classe verte .
Ce qui a longtemps été des espaces verts ( peints en verts ?) est dorénavant considéré comme le « tier- paysage » ( encore Gilles Clément) élément indispensable de chaque nouveau quartier, facteur de bien être physique, psychique et social des habitants, mais aussi pour la faune et la flore urbaine dont l’équilibre écologique est en passe de devenir une réelle préoccupation.
Voilà ce qu’à peu prés, Monsieur Guillaume nous a expliqué avant de céder la place à Mr Gauffier pour la visite des serres de production de la ville.
Crées en 1981 (avec la « Rolls » des serres de l’époque !)Elles se composent de serres chaudes, avec plusieurs « chapelles », de serres froides et de tunnels. L’ensemble fait quand même 6 000 m2 ! Ces cultures intensives assurent le fleurissement et la décoration des tous les parterres et cérémonies de la ville. Ce qui revient à produire 220 000 plants par an en 2 saisons.
Eh bien malgré l’importance pour la ville de cette activité, son intensité et son coût et malgré le fait que personne ( en dehors des chats ?) ne mange ces plantes leur production est assurée entre 80 et 95 % par des méthodes et produits biologiques ! Terreau fait à base de compost, engrais organiques, emballages systématiquement recyclés par les fournisseurs, et traitements (car il en faut dans ce type de culture très attractives pour les parasites et autres ravageurs) faits essentiellement par lutte biologique et un très bon équilibre des apports nutritionnels et en eau. Mais voilà cette approche exige de la part des jardiniers une très bonne observation et connaissance des attaquants ! Car il s’agit toujours d’intervenir « à temps » et de n’en faire ni trop ni pas assez ! Acariens, pucerons, trips, aleurodes, mouche du terreau sont combattus par des nématodes, des bactéries ou par des huiles, du savon noir….et beaucoup d’attention et de savoir faire !
Nous avons donc pu voir que la culture biologique et que le développement durable étaient vraiment appliqués –
Les classes primaires , du fait de la baisse du pouvoir d’achat des familles, au lieu de partir en classe vertes extérieures à Montpellier viennent dans les serres faire des classes de jardinage et de bouturage ainsi que de pratiques biologiques à leur niveau. Les élèves des autres niveaux pourraient aussi trouver à apprendre que ce soit sous la forme de stage- d’AET ou AEI , ou encore de projets.
La suite de la visite s’est déroulée au Mas Nouguier mais là je pense que le mieux est que vous veniez vous-même participer dans ce parc ou un autre à une des visites que la ville propose de mars à juillet de 10 h à 12 h en vous y inscrivant au 04 67 20 99 00 .


