[|Conférence
« l’actualité de la diététique », par le Professeur Louis Monnier de l’INSERM (Hôpital de la Peyronnie, Montpellier).
Compte-rendu de Jean-Marie Gendron, lycée Paul Sabatier, Carcassonne.
L’espérance de vie n’a jamais aussi longue qu’aujourd’hui et ceci grâce essentiellement au progrès de l’hygiène et de la nutrition mais l’augmentation importante de l’obésité en France (14,9% de la population présente un indice de masse corporelle dépassant la valeur de 30) est inquiétante. L’obésité serait due à un déséquilibre entre les entrées trop importantes et des dépenses énergétiques insuffisantes.
Les recommandations incontestables et officielles préconisent pour les populations bien portantes : • moins de 10% de calories sous forme d’acides gras saturés ; • moins de 30% de calories sous forme de lipides ; • moins de 300 mg de cholestérol par jour ; • un apport énergétique adapté aux besoins du sujet.
D’autres recommandations paraissent souhaitables : • la somme des apports caloriques apportés par les glucides et les graisses mono insaturées (acide oléique par ex) doit correspondre à 66% du total ; • diminuer les apports des acides gras trans ; • diminuer les apports en acides gras poly insaturés de la série n-6 (oméga 6, acide linoléique par ex) à environ 10% ; • assurer un apport en acides gras poly insaturés de la série n-3 (oméga 3, acide alpha linolénique par ex) à environ 2g/j ; • diminuer l’apport en NaCl à 6g/j ; • augmenter les apports en fibres ; • augmenter les apports en anti-oxydants ; • apports en boissons alcoolisées : 1 à 2 verres par jour.
Il existe un équilibre entre les glucides et les acides gras mono insaturés (66% du total) si l’apport en acides gras mono insaturés augmente, il faut diminuer l’apport en glucides et réciproquement.
Un régime alimentaire pour diminuer l’obésité n’est supportable par le patient que s’il respecte une qualité gustative, une bonne sensation en bouche (onctuosité par ex), des saveurs et des aromes. Les aromes sont des substances volatiles perçues par les récepteurs olfactifs et les saveurs par les récepteurs du goût.
Un tel régime peut comporter des aliments « allégés », les lipides sont remplacés par des protides, des amidons modifiés, des lipides non digestibles ou de l’eau. Les glucides sont substitués par des glucides non digestibles ou par des édulcorants de charges ou intenses : les édulcorants intenses possèdent un pouvoir sucrant équivalent à 200 fois celui du glucose (aspartame, cyclamates, saccharine, acésulfame). Les édulcorants de charge ont un pouvoir sucrant de 1,5 celui du saccharose (xylilol, sorbitol).
L’obésité s’accompagne souvent de troubles métaboliques et des alicaments peuvent êtres utiles. Un alicament est une substance que l’on ajoute à la ration alimentaire pour un but thérapeutique. Par exemple le phytostérol à la dose de 2g/j permet une réduction de 10% du LDL cholestérol (margarine enrichie en stérols végétaux).


